Travail / Work

 

« Avoir la tête dans les nuages, du plomb dans la tête »

C’est en se tournant vers l’infiniment grand qu’on arrive à regarder l’infiniment petit.
L’artiste pèse les matériaux du monde que lui apportent les sciences et les complète de ses intuitions.
Il cherche, découvre et relève les secrets aux résonances unitaires. Il perçoit certaines des vérités sur l’univers, sur la matière. Les énigmes de l’infini, du très vaste, de l’incommensurable nourrissent artistes, écrivains, poètes aussi bien que mathématiciens, physiciens et astronomes.

Alors la problématique survient, comment exprimer ce qui ne peut pas être pesé ? Comment coucher sur le papier ce qui n’a pas de limites ? Comment représenter l’irreprésentable ?

Cette soif de l’infini devient celle d’en percevoir l’empreinte, la trace ou le passage.

Mon travail puise son inspiration dans la science. La quête des hommes vers le lointain nous tourne vers des recherches plus intimes.
 Dans le ciel les nuages apparaissent et disparaissent. L’imagerie scientifique produit une esthétique du ciel que je souhaite épurer dans mon travail. L’action de retirer la saturation de l’image produit un dessin, une cartographie où le ciel est blanc et les étoiles deviennent noires, dessinant une étrange iconographie céleste. Cette quête de l’invisible constitue selon moi une façon d’appréhender le réel en se perdant dans l’immensité. Il s’agit aussi d’une traduction possible du visible mêlant à la fois curiosités et intuitions. Artistes et scientifiques capturent les images dans ce même désir d’appréhender, d’interpréter et de représenter le monde.

En parallèle de cette immensité insaisissable, brumeuse et floue, survient un élément plus solide, plus concret, la matière.
 Dans mon travail de représentation je cherche à révéler une « organicité » du paysage. En utilisant des procédés plastiques, je convoque des forces naturelles de présentation et de résistance de la matière.

Différentes échelles se côtoient, tout est question de perception. La quête de l’infiniment grand et de l’infiniment petit rencontre une nouvelle iconographie faite d’organique et de minéral où les interactions universelles viennent se confondre dans une théorie du « tout » selon la formulation du philosophe chimiste émérite Antoine Laurent Lavoisier, « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. »

Dépeindre le monde,
 au travers d’une thématique abordant le paysage et les forces naturelles qui le composent, à savoir les phénomènes, je questionne la place de l’Homme au devant d’une Nature sublimée. Célestes ou terrestres, ces phénomènes bouleversent et façonnent Nature et paysage, éléments de saisissement du monde.

Chaque projet rejoue une rencontre spécifique abordée sous la forme phénoménologique et perceptible a n de raconter différentes genèses.
Les espaces convoqués s’articulent sous forme de systèmes de révélation qui synthétisent deux échelles, le macrocosme et le microcosme.

S’abstrayant et s’entrecroisant sans cesse, rejouant une mise en abîme faite d’apparitions où l’imaginaire perdure en infiltrant les failles du réel.
 Entre géologie, minéralogie, à la frontière du visible, de l’invisible, de l’immensité et du microscopique, sous les angles plastiques, théoriques et de l’expérience sensible, j’observe, recueille, et relève les traces intimes de nos géographies intimes.

 « Have your head in the cloud, lead in your head »

It is by turning towards the infinitely great that one can look at the infinitely small.
The artist weighs the materials of the world that brings to him the sciences and the completes of his intuitions.
He seeks, discovers and reveals secrets to unitary resonances and perceives some of the truths about the universe, about matter. The enigmas of the infinite, the vast, the immeasurable nourishes artists, writers, poets as well as mathematicians, physicists and astronomers.

So the problem arises, how to express what can not be weighed? How do you put on paper what has no limits? How to represent the irrepresentable?

This thirst for the infinite becomes that of perceiving the imprint, the trace or the passage.

My work draws its inspiration from science, the quest of men towards the distant turns us towards more intimate researches.
In the sky the clouds appear and disappear. Scientific imagery produces an aesthetic of the sky that I wish to purify in my work. Remove the saturation of the image produces a drawing, mapping where the sky is white and the stars turn black drawing a strange celestial iconography.
This quest for the invisible constitutes, in my opinion, a way of apprehending reality by losing itself in immensity. It is also a possible translation of the visible mixing both curiosities and intuitions. Artists and scientists capture images in the same desire to understand, interpret and represent the world.

In parallel with this elusive, foggy and fuzzy immensity comes a more solid, more concrete element, the material.

In my work of representation I try to reveal an « organicity » of the landscape, using plastic processes I summon natural forces of presentation and resistance of the material.


Different scales co-exist, everything is about perception. The quest for the infinitely great and the infinitely small brings with it a new iconography made of organic and mineral where the universal interactions come to be confused in a theory of « everything » according to the formulation of the philosophical philosopher emeritus Antoine Laurent Lavoisier , « Nothing is lost, nothing is created, everything is transformed. « 

 

To depict the world,
Through a theme tackling the landscape and the natural forces that make up her phenomena, Sophie Keraudren questions the place of Man in front of a sublimated Nature. Celestial or terrestrial, these phenomena overturn and shape Nature and landscape, elements of the world.


Each project replays a specific meeting addressed in the phenomenological and perceptible form in order to tell different geneses.
The convoked spaces articulate in the form of a system of revelation which synthesizes two scales, the macrocosm and the microcosm.
Refraining and interacting incessantly, replaying an abyss of apparitions in which the imaginary perpetuates by infiltrating the faults of the real.

Between geology and mineralogy, at the frontier of the visible, the invisible, the immensity and the microscopic, under the plastic, theoretical and sensible senses, Sophie Keraudren observes, collects, and records the minute traces of our geographies Intimate.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.