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L’ensemble du travail de Sophie Keraudren-Hartenberger se tourne vers des questionnements d’ordre métaphysique et scientifique découlant de l’approche du détail pensée par Daniel Arasse. Pour l’historien, la fonction du détail est de nous appeler, de faire écart, de faire anomalie dans une œuvre. Le souci que l’on porte aux détails dans une œuvre peut ainsi en modifier sa perception et sa lecture. Du monde microscopique au monde macroscopique, l’artiste nous propose d’enquêter sur les changements d’état de la matière et nous conduit à percevoir notre monde comme un tout. Au-delà du simple rapport formel, Sophie Keraudren-Hartenberger nous permet d’éprouver le temps et la matière, dans laquelle le spectateur est amené à regarder de près, de loin, au-dessus, en-dessous, dans la lumière, dans l’obscurité. Nous passons généralement par l’intermédiaire d’outils, microscopes, lentilles, qu’elle met d’ailleurs en scène dans ses expositions. Est-ce une pierre, du métal, une crête? un canyon ? Une vue au microscope d’un relief de minerai nous apparait être un dessin de chaine de montagne. Ce qui nous semblait jusqu’alors familier se mêle et se trouble nous faisant douter de nos savoirs et de nos sens. L’artiste nous rappelle que nous sommes quotidiennement confrontés aux limites de notre perception, ainsi nous observons, écoutons, touchons le monde de l’invisible, de l’imperceptible. L’infiniment petit et l’infiniment grand se côtoient ici dans une approche naturaliste et empirique. Telle une scientifique, Sophie Keraudren-Hartenberger isole,extrait, des détails de la matière et de la nature. Elle découvre et révèle ainsi de nouvelles observations fictifives autour du plomb. Ces microcosmes industriels et telluriques dévoilent une histoire de ce minerai et de ses métamorphoses. Le plomb, matière pauvre et déchue dans notre société contemporaine, devient dans les mains de l'artiste un objet précieux et artistique.



All of Sophie Keraudren-Hartenberger's work turns to metaphysical and scientific questions stemming from the approach of the detail thought by Daniel Arasse. For the historian the function of the detail is to call us, to make a difference, to make anomaly in a work. Attention to detail in a work can thus modify its perception and its reading.From the microscopic world to the world macroscopic the artist offers us to investigate changes in state of matter and leads us to perceive our world as a whole.Beyond the simple formal statement, Sophie Keraudren-Hartenberger allows us to experience time and matter, in which the viewer is led to look closely, from afar, above, below, in the light, in darkness. We usually go through tools, microscopes, lenses, which she puts on stage in her exhibitions.Is it a stone, metal, a ridge? a canyon? A microscope view of a relief of ore appears to us to be a mountain chain drawing. What seemed previously familiar to us is mixed and troubled making us doubt our knowledge and our senses. The artist reminds us that we are daily confronted with the limits of our perception, so we observe, listen, touch the world of the invisible, the imperceptible.The infinitely small and the infinitely large rub together here in a naturalistic and empirical approach. Like a scientist, Sophie Keraudren-Hartenberger isolates, extracts, details of matter and nature. She discovers and thus reveals new fictitious observations around lead.

These industrial and telluric microcosms reveal a history of this mineral and its metamorphoses. Lead, a poor and fallen material in our contemporary society, becomes in the hands of the artist a precious object and
artistic.

Antoine Pestel